| | Tiens une goutte, une goutte d’eau dans un océan de dégoût, une goutte, fraîche, et l’odeur de la pluie qui ravive mes sens de survie.
Je laisse cette grosse porte se refermer sur un passé chargé, ou quelqu’un est resté triste et aigri, celui-là je lui souhaite de changer de vie. Une goutte, qui aurait cru que ça me plairait la liberté, pourtant cette porte se refermant sur un passé où fallait payer, des dettes, la société, la bêtise, la misère humaines. Une goutte d’eau bordel, et l’odeur de la pluie qui vient me libérer de cette angoisse pesante, ça m'étouffe au point que mon cœur s’accélère, mon corps s'alourdit à mesure que je passe cette porte. Une goutte d’eau, comme un accueil, un appel à une nouvelle vie, un autre moi, un autre monde, des gens diff érents, d’autres espérances. Il est temps que je m’éloigne de cette porte, maintenant je file vers la mer, ou je m'en fous de l’endroit mais je prends la route, il pleut mais je veux fuir Paris, sa population grise, terne, triste et dépressive, comme moi Titi de Paris depuis toujours. J’ai envie d’e ntendre les flux et reflux de la mer, communier avec sa force, sentir l’eau, me mettre en danger, ensuite y plonger le corps tout entier pour ne plus dépendre de la pesanteur. Mettre à mort le temps qui passe, suspendre à ma guise les traces du temps, sur un corps qui vieillit irrémédiablement, mourir un instant, penser à rien. Puis je reprendrai ma route, je dépenserai l’énergie puisée dans l’océan iodé, j’entamerai le combat, contre moi, la misère, la belle et la bête, je défoncerai les moulins à vent et les portes ouvertes. Puis après je serai vieux, l’heure viendra d’entamer mon dernier combat, celui qu’on ne gagne pas, mais il faut savoir perdre pour gagner des fois. Voilà, c'était une goutte d’eau dans un océan de dégoût, une goutte, fraîche, et l’odeur de la pluie qui ravive mes sens de survie. Je laisse cette grosse porte se refermer sur un passé chargé, ou quelqu’un est resté triste et aigri, celui-là je lui souhaite de changer de vie, et de vivre. F |